La canicule, c’est l’affaire de tous

«Se plaindre ne sert à rien quand le soleil cogne; il faut s’y préparer.» Michael Walz, responsable Qualité Sécurité et Environnement de la SSE, explique pourquoi tout n'est pas qu'une question d’ombre et comment les entreprises peuvent protéger leur

«Se plaindre ne sert à rien quand le soleil cogne; il faut s’y préparer.» Michael Walz, responsable Qualité Sécurité et Environnement de la SSE, explique pourquoi tout n’est pas qu’une question d’ombre et comment les entreprises peuvent protéger leurs équipes en cas de forte chaleur.

 

Monsieur Walz, les chantiers suisses sont-ils bien préparés pour affronter les chaudes journées d’été?

Nous avons enregistré davantage de jours de canicule ces dernières années. C’est pourquoi les entreprises et leurs collaborateurs/trices prennent des mesures pour se protéger, se rafraîchir et se reposer.

Quelles sont les mesures les plus efficaces contre la chaleur?

Chaque chantier est différent, la topographie des lieux varie aussi grandement. Il ne sert donc à rien de chercher à savoir quelle est la meilleure protection. Mais l’on peut dire que l’efficacité est optimale avec des solutions ciblées, qui tiennent compte de la région, du lieu et du type de travaux à effectuer. Certaines communes peuvent par exemple autoriser de commencer les travaux plus tôt le matin, ce qui est plus délicat en milieu urbain.

Quels sont les principaux obstacles à la mise en œuvre des mesures de protection contre la chaleur en Suisse? Est-ce une question de coût ou d’acceptation?

C’est une question de responsabilité partagée par toutes les parties prenantes. Le rôle des maîtres d’ouvrage est ici central vis-à-vis des entreprises et de leur personnel. Les maîtres d’ouvrage et les auteurs du projet pourraient en effet prévoir des mesures efficaces en cas de fortes chaleurs. Ainsi, ils assumeraient leur part de responsabilité et participeraient activement à la sécurité au travail. Cela mettrait fin au débat sur d’éventuels coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre de mesures efficaces contre la chaleur.

Quelles interactions faut-il entre direction des travaux, contremaîtres et ouvriers?

Une coopération faite de confiance et de transparence est essentielle. La responsabilité n’est pas seulement partagée entre l‘employeur, la direction des travaux, le planificateur et le maître d’ouvrage. Les collaborateurs/trices ont le même devoir de respecter les prescriptions légales, de se protéger contre les effets de la chaleur, d’utiliser les moyens mis à leur disposition, ainsi que les emplacements ombragés prévus pour les pauses. Cela est réglementé par l’article 11 de l’ordonnance sur la prévention des accidents (OPA).

Comment les entreprises de construction suisses sont-elles incitées voire contraintes à investir dans la protection contre la chaleur? Quel rôle jouent à cet égard les prescriptions légales ou recommandations de la Suva ou de la SSE?

La loi oblige l’employeur à garantir la protection de la santé de ses collaborateurs/trices. Quant à la Suva et à la SSE, elles fixent des directives qui servent d’outils d’orientation aux entreprises face à la question de la canicule. Lorsque les projets de construction sont ralentis, voire retardés, en raison d’une vague de chaleur qui impose une adaptation du rythme de travail voire l’interruption de certains travaux, il serait logique que les maîtres d’ouvrage prolongent les délais sans préjudice pour les entreprises et leurs équipes. Actuellement, en matière d’allongement des délais et de peine conventionnelle, la norme SIA 118 est souvent exclue des contrats d’entreprise. Il en résulte que les risques d’ordre météorologique sont reportés sur les entreprises et le personnel de chantier. Cela n’est pas acceptable pour la SSE.

La SSE est représentée à la «table ronde canicule». De quoi s’agit-il exactement?
Nous y siégeons en tant qu’association faîtière aux côtés des syndicats, de certains maîtres d’ouvrage importants – tels que la KBOB, les CFF, l’OFROU, la CIMP ou Développement Suisse –, ainsi que du Seco et de la Suva. Nous travaillons à des solutions communes et réalisables, en plus de tous les concepts de protection sur les chantiers.

Lors d’une décision consultative prise mi-mai, la table ronde a convenu d’intégrer une disposition y relative pour le secteur de la construction dans l’ordonnance sur les travaux de construction (OTConst), dans une recommandation de la KBOB (Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d’ouvrage publics) et de l’IPB (Communauté d’intérêts des maîtres d’ouvrage professionnels privés), ainsi que dans la norme contractuelle SIA 118. Les maîtres d’ouvrage et les partenaires sociaux doivent s’engager pour la protection de la santé. Mais la sphère politique doit désormais urgemment envoyer le même signal.

 

Auteure: Heidi Bacchilega

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Schweizerischer Baumeisterverband

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