«Le BIM implique une transformation» La construction numérique n’est pas un sprint, mais un marathon. Tous les acteurs doivent être prêts. lundi, 22.12.2025 | 06:00 ... Société Suisse des Entrepreneurs Entrepreneur 5.0 Digitalisation «Le BIM implique une transformation» La construction numérique n’est pas un sprint, mais un marathon. Tous les acteurs doivent être prêts. Telle est la conclusion des exposés du troisième VDCsuisse Leadership Forum de la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW), qui a eu lieu le 4 décembre 2025 à l’aéroport de Zurich sous la direction de Peter Scherer, responsable du MAS «Construction numérique». Trois intervenants ont abordé le thème principalement du point de vue des maîtres d’ouvrage, tout en évoquant ce que cela implique pour les entreprises chargées de l’exécution.Comment la numérisation impacte-t-elle le secteur de la construction? Roman Wildenauer, responsable Digital Real Estate de l’entreprise Flughafen Zürich AG, a abordé cette question. Il ne voit pas le BIM comme une mode éphémère, mais comme un instrument qui améliore les processus au sein d’une entreprise et entre les différents acteurs de la construction. Il estime toutefois que même la plus belle des stratégies ne sert à rien sans une base solide. Jusqu’à présent, les responsables de Flughafen Zürich AG ne respectaient pas systématiquement la gestion des données. Les travaux étaient réalisés sur différents systèmes incompatibles. Mais tout cela sera bientôt de l’histoire ancienne. «Le BIM n’est pas seulement synonyme de gestion des données, mais aussi d’une culture vécue», rappelle Roman Wildenauer. Pour réussir avec le BIM, il ne faut pas tout vouloir tout de suite, mais se concentrer d’abord sur de petits projets pilotes. Il s’agit, dans ce cadre, de choisir les cas d’utilisation en connaissance de cause. «Nous avons commis l’erreur de commencer avec trop de cas. Il est préférable de se limiter à quelques-uns, mais de les réaliser et de les analyser correctement et durablement. Le BIM n’est pas simplement une méthode, il implique une transformation.» En tant que maître d’ouvrage, Flughafen Zürich AG entend définir des responsabilités claires et des processus simples mais appliqués, y compris pour les entreprises chargées de l’exécution. Roman Wildenauer souligne que l’échange d’expériences entre les acteurs est important. À ses yeux, le BIM n’est pas un sprint, mais un marathon.Responsables de projet prévusLe BIM a une signification différente pour chacun. C’est ce qu’a expliqué Christine Simon sur le thème BIM@FZAG. Flughafen Zürich AG a certes élaboré une stratégie BIM@FZAG en 2022, mais celle-ci est trop peu connue au sein de l’entreprise. Pour remédier à cela, Flughafen Zürich AG organise des ateliers sur ce thème et souhaite introduire une feuille de route, qui devra toutefois être constamment adaptée. Mme Simon identifie d’autres problèmes: les systèmes utilisés aujourd’hui sont très nombreux, les informations qui devraient être mises à jour pendant l’exécution des travaux pour déclencher des travaux consécutifs sont fournies trop tard, voire pas du tout, et diverses informations de l’EG ou de l’ET ne sont pas encore disponibles définitivement à la clôture du projet, alors que le responsable de projet est déjà prévu pour le projet suivant. Ce dernier ne peut donc pas, ou pas suffisamment, vérifier la documentation finale de l’ouvrage. Selon Christine Simon, les acteurs considèrent certes que la gestion des données est essentielle, mais que la qualité et la transmission de ces données sont moyennes. Les obstacles au BIM sont l’état d’esprit, l’absence de standard, les nombreux systèmes qui conduiraient à de multiples interfaces et un matériel informatique insuffisant. Lors de la planification, on ne pense souvent qu’à la construction et pas à l’exploitation. C’est une erreur. L’année prochaine, Flughafen Zürich AG révisera la stratégie BIM@FZAG ainsi que la base de commande et définira un modèle de cycle de vie.Nouveau terminalFlughafen Zürich AG travaille d’arrache-pied sur la culture BIM, car un grand projet de construction complexe est à l’ordre du jour. Un nouveau terminal avec tour doit être placé devant le terminal actuel et sa tour. Une nouvelle construction est en effet nécessaire, mais le terminal doit rester en service. «Nous n’y arriverons pas sans une stratégie BIM@FZAG claire», affirme Christine Simon avec conviction. Roman Wildenauer souligne qu’en matière de BIM, Flughafen Zürich AG est en contact étroit avec l’aéroport de Vienne.Julie Picarel, Senior Project Leader Airport Planning, dispose d’une longue expérience professionnelle du BIM. Elle a illustré la complexité du projet à l’aide d’un exemple: le contremaître doit connaître les mouvements aériens et savoir jusqu’à quel point il est permis de travailler afin de pouvoir garantir la sécurité de l’équipe de chantier. Sa conclusion: le mieux pour le planificateur est de réfléchir à ce qu’il doit fournir au maître d’ouvrage et à l’entrepreneur, et à ce qui permettrait d’augmenter l’efficacité. Ce n’est qu’ensuite qu’il doit passer à la modélisation. «Ce n’est pas conforme à la SIA», fait-elle remarquer. Il est souvent mieux d’avoir moins de données, car de nombreux modèles ne sont pas du tout nécessaires. C’est justement le cas pour l’entreprise chargée de l’exécution. Mais les responsables doivent définir clairement ce dont ils ont besoin. Cela n’est pas clair pour bon nombre d’entre eux. Et le BIM n’élimine pas le stress lié à la planification continue si de nombreuses demandes de modification sont formulées à la dernière minute. «Dans ce cas, on se retrouve dans une planification conventionnelle», explique Julie Picarel. Elle ajoute que les modèles ne remplacent pas la communication et qu’il est important de procéder selon le principe «Keep it simple». Les personnes sont au centre de l’attention. Il ne suffit pas de commander «un BIM, s’il vous plaît», il faut aussi savoir clairement ce que l’on veut, au risque de recevoir trop de modèles inutiles. Sa conclusion: bien que le maître d’ouvrage, le planificateur et l’entreprise chargée de l’exécution aient été certains d’avoir suffisamment d’expérience en matière de BIM pour le projet, cela n’a pas été le cas. «Tout le monde n’était pas prêt», déclare Julie Picarel. Et de conclure: «Le passage à une construction numérique entièrement intégrée n’est pas un sprint, mais un marathon qui dure des décennies.» Elle souligne par ailleurs que cela en vaut la peine malgré tous les efforts, car il est ainsi possible de réaliser des projets très complexes. Perspective des entreprises de construction chargées de l’exécution Affirmer que les entreprises chargées de l’exécution doivent elles aussi commander exactement ce dont elles ont besoin présuppose des bases de commande BIM claires, des exigences réalistes et des responsabilités sans équivoque. Sans ces conditions-cadres, la responsabilité risque d’être portée unilatéralement au niveau de l’exécution. Faisabilité dans la pratique: le degré et la vitesse de mise en œuvre dépendent fortement du contexte du projet, du maître d’ouvrage et des standards. La volonté ou le savoir-faire des entreprises de construction n’est pas le premier facteur dans ce cadre. A propos de l'auteur Susanna Vanek Rédactrice susanna.vanek@baumeister.ch Partager l'article
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