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Le prix de la qualité, thème de la Journée Infra

Si, en Suisse, la qualité est un maître-mot, quel est son prix, y compris pour des infrastructures? Six intervenants se sont exprimés sur le sujet lors de la Journée Infra, qui a eu lieu le 8 février à Lausanne. Zoom sur leurs interventions.

 

Christian Wasserfallen, conseiller national et président d’Infra Suisse

Pour lui, si la qualité des infrastructures, le nombre de travailleurs qualifiés et les investissements dans la recherche sont bons, il reste encore beaucoup d’opportunités. Les nouvelles technologies iraient si vite qu’il se demande si «la cinquième langue nationale ne devrait pas être celle de la programmation». Dans l’intérêt de tous, il serait important de travailler en consortium et non chacun avec ses normes propres. Il en veut pour preuve que le BIM n’est pas qu’un programme, mais un processus numérique couvrant l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment. Il conclut par ces mots: «C’est ensemble que nous ferons le mieux face et saisirons les opportunités qui s’offrent à nous».

 

Guido Biaggio, vice-directeur de l’OFROU

Depuis le 1er janvier 2021, la Suisse n’a plus qu’une seule loi fédérale en matière de marchés publics. Guido Biaggio explique comment l’OFROU a saisi cette opportunité pour passer en revue et adapter ses propres pratiques en la matière. Si l’Office intègre de longue date la durabilité dans ses projets d’aménagement routier, il a lancé ASIMM pour optimiser la gestion des déchets liés à ces projets et renforcé ses pratiques d’amélioration de la qualité en matière de collaboration avec ses partenaires, lors de l’adjudication des marchés comme de la réalisation.

 

Vincent Pellissier, ingénieur cantonal du Valais

Vincent Pellissier revient sur la démarche initiée il y a 5 ans par le Canton pour repenser sa manière d’appréhender ses infrastructures. En parallèle au redimensionnement du réseau routier, une requalification des infrastructures a été entreprise. A cet égard, il a fallu développer les instruments stratégiques adéquats et adapter aux objectifs l’organisation structurelle, la législation y relative et les ressources humaines et financières. Le changement de culture à mener, à l’interne comme à l’externe (auprès des mandataires et des entreprises de la construction), aurait aussi été une difficulté à gérer.

 

Patrick Miazza, membre directeur du projet de démantèlement de Mühleberg, BKW

Alors qu’il est souvent question de nouveaux ouvrages ou d’entretien, Patrick Miazza a, lui, abordé le démantèlement d’une centrale nucléaire, terrain inconnu en Suisse. Cette situation a requis une approche innovante réunissant dans un même comité de coordination OFEN, OFEV, IFSN, canton de Berne et BKW. Il aurait notamment fallu s’assurer que le personnel qualifié resterait en suffisance et préparer les collaborateurs à leurs nouvelles tâches après l’arrêt définitif de l’exploitation. L’expert aborde aussi la question des défis techniques et confirme le respect des objectifs prioritaire (gestion des substances chimiques, respect du calendrier et du budget, protection de la population, du personnel et de l’environnement).

 

Olivier Français, conseiller aux Etats vaudois

Bonne qualité et offres les plus élevées vont-elles de pair? Comment obtenir un bon rapport qualité-prix justifiable auprès des contribuables? Olivier Français se penche sur ces questions ayant conduit les autorités à s’aider de l’économie de marché pour mettre en œuvre les projets par adjudication. Elle permettait à la fois d’améliorer l’efficacité et de stimuler la recherche et l’innovation, assurant une meilleure durabilité des infrastructures et servant la qualité attendue. La Suisse resterait ainsi figure de proue dans la gestion de ses infrastructures nationales et régionales.

 

Sergei Aschwanden, médaillé olympique en judo et directeur de Villars Loisirs et Tourisme SA

Dernier à prendre la parole, il s’appuie sur sa carrière de sportif d’élite pour évoquer l’échec et son utilité dans le monde professionnel. Il cite à cet effet Nelson Mandela: «Je ne perds jamais; soit je gagne, soit j’apprends». Echouer est selon lui la meilleure façon de progresser. Si tout le monde fait un jour face à un revers, au doute, à la remise en question, à la défaite, cette étape devrait être considérée comme un apprentissage.

 

A propos de l'auteur

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Pascal Gysel

Porte-​parole / Rédacteur

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