Les oppositions constituent le plus grand obstacle à la construction de logements

Les experts citent les recours et les oppositions comme les principaux obstacles à la construction de logements. Les justifications des opposants sont souvent prétextes. Des loyers plus élevés et moins de logements que prévu en sont la conséquence.

Recours et oppositions : ennemis n°1 du logement

Les recours et les oppositions sont les plus grands obstacles à la construction de logements. C’est ce qu’affirment 90 % des experts interrogés. Les efforts commencent déjà lors de la planification. Les démarches pour déposer la demande de permis de construire sont complexes, et les exigences en matière d’usages spéciaux sont strictes. Tout cela reflète le caractère « démocratique » du processus de construction, conçu pour équilibrer différents intérêts. Mais c’est aussi une cause importante du manque de logements.

Motivations arbitraires dominantes

Les oppositions sont fondamentalement destinées à protéger les intérêts propres, mais elles doivent être légitimes. Trop souvent, les raisons invoquées ne sont que des prétextes pour conserver le plus longtemps possible des intérêts non protégés. La justification la plus fréquente (66 %) est un scepticisme général quant à la possibilité d’obtenir l’autorisation. L’Office fédéral du logement parle, en substance, d’« un tir de fusil de chasse dans l’obscurité ». Le deuxième motif le plus fréquent – le bruit – pourrait bientôt être moins utilisé, car le nouveau règlement sur la protection contre le bruit, qui entrera en vigueur au printemps 2026, permettra de construire dans des zones bruyantes tout en protégeant la population.

Les oppositions aggravent la crise

Selon seulement 2 % des experts, les oppositions ont amélioré un projet de construction. Au contraire, elles retardent tellement les projets que la date prévue d’occupation doit être reportée. Dans 4 cas sur 10, le nombre de logements est réduit et la surface habitable diminuée. En d’autres termes, les oppositions contribuent considérablement à la pénurie de logements, car moins de logements sont construits que prévu, ce qui fait monter les loyers.

Menace d’oppositions souvent efficace

Les riverains présentent souvent une « demande informelle » comme une somme d’argent ou une modification du plan, afin de défendre leurs intérêts ou simplement de faire pression sur le promoteur. Ils parviennent parfois à obtenir gain de cause, car ils menacent sinon de déposer une opposition et de retarder le projet pendant longtemps. 23 % des experts déclarent verser souvent ou presque toujours une compensation financière, et 36 % disent le faire au moins rarement. Les promoteurs ignorent rarement une demande informelle ou menacent de contre-mesures.

A propos de l'auteur

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Luiza Maria Maniera

lmaniera@baumeister.ch

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