Les oppositions freinent la construction

Retards, surcoûts et moins de logements – telles sont les conséquences des oppositions et recours. Inutile aussi d’en attendre des améliorations qualitatives des projets de construction.

Suisse, on construit trop peu et trop lentement. Oppositions et recours sont les principaux freins à la construction, comme le révèle une étude récente de la Confédération réalisée auprès de plus de 400 spécialistes (architectes, maîtres d’ouvrage, développeurs, juristes et experts de l’administration publique).  

Le résultat est clair: les oppositions n’améliorent pas les projets mais entraînent des retards et des surcoûts. Et au final, moins de logements. 

Pour quasiment un sondé sur deux, les oppositions ont réduit la surface habitable ou le nombre de logements prévus. Près de 80% des spécialistes parlent de retards, et 70%, de hausses des coûts. Les projets de densification urbaine, qui créeraient des logements urgemment requis, sont particulièrement concernés. 

Les oppositions bloquent la construction.

Point d’amélioration architecturale ou de qualité urbaine à attendre: 2% seulement des sondés estiment que les oppositions mènent à des améliorations. De plus, le cadre légal actuel ouvre la porte aux abus. Toute personne dans un rayon de 100 mètres peut s’opposer à un projet de construction, même si elle n’est pas directement affectée. L’étude indique clairement que les oppositions sont de plus en plus utilisées comme moyen de pression. De l’argent est parfois versé pour le retrait d’une opposition.  

Il est urgent d’agir. Le secteur de la construction réclame des réformes légales rapides: sanction des oppositions abusives et droit d’opposition aux parties dont les intérêts personnels dignes de protection sont effectivement affectés.  

Lien vers l’étude de la Confédération

 

L’opposition comme moyen d’extorsion

À Horgen, un conflit de voisinage a fini au tribunal. Un voisin réclamait 165 000 francs à une entreprise de construction pour retirer son recours à un projet. L’entreprise a payé et porté plainte. Le tribunal d’arrondissement a condamné le voisin pour extorsion. 

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