Tu étais béton et tu redeviendras béton Béton, ciment, déblai: comment les déchets deviennent de précieuses matières premières. Le secteur de la construction se convertit à l’économie circulaire. C’est la mission que s’est donnée Karin MacKevett, d’Aregger AG. mardi, 9.12.2025 | 06:00 ... Société Suisse des Entrepreneurs Actualités Tu étais béton et tu redeviendras béton Béton, ciment, déblai: comment les déchets deviennent de précieuses matières premières. Le secteur de la construction se convertit à l’économie circulaire. C’est la mission que s’est donnée Karin MacKevett, d’Aregger AG.La progression du développement durable en Suisse passe par l’amélioration du bilan de l’industrie du bâtiment. L’économie circulaire joue ici un rôle très important et, très tôt, le secteur a décidé de prendre ses responsabilités. À titre d’exemple, les émissions de carbone par tonne de ciment ont baissé de 30% par rapport aux années 1990. Le béton, quant à lui, est recyclé à plus de 85%. Des entreprises comme Aregger AC, de Lucerne, parviennent aujourd’hui à réintroduire dans le cycle de construction plus de 90% des matériaux issus de la démolition, ainsi qu’une grande partie des matériaux d’excavation. «Nous avons récemment beaucoup investi dans le domaine du développement durable et de l’économie circulaire, au point de faire partie des leaders dans la région», explique Karin MacKevett, responsable de l’économie circulaire et du développement durable. En d’autres termes: les déchets issus de la construction sont, dans la mesure du possible, traités et réutilisés sur place. Le chantier devient ainsi un gisement de matières premières.Pour la jeune trentenaire, l’objectif est donc de maintenir les matériaux dans le circuit de construction le plus longtemps possible, sans perte de qualité. «Le développement doit être durable. Il faut donc que l’économie circulaire propose un compromis entre l’exigence écologique et la viabilité économique.» Lorsqu’on lui demande comment lui est venue l’envie de travailler dans ce secteur, notre interlocutrice répond sans détour: «Notre branche génère d’importants flux de matières premières; c’est la raison pour laquelle des changements en apparence anodins peuvent avoir de grandes conséquences». Et d’ajouter que la perspective de réinventer des structures existantes n’est pas pour lui déplaire. À ses yeux, l’un des aspects les plus intéressants de son travail consiste à prendre en main des projets spécifiques lancés par d’autres entreprises du groupe Aregger. MacKevett: «Je suis souvent sur un chantier ou dans les usines. Pour moi, l’économie circulaire ne peut pas se résumer à de beaux discours prononcés dans des bureaux; il faut aussi une approche concrète.»Indispensable planificationL’économie circulaire implique parfois des difficultés logistiques car les nouveaux processus nécessitent une disponibilité qui fait parfois défaut. «Nous devons également avoir en tête les débouchés commerciaux. Si nous consacrons beaucoup de moyens à trier et traiter les déchets, nous devons être en mesure de revendre les matières secondaires qui en résultent. J’espère voir apparaître des réglementations plus exigeantes à ce sujet, notamment pour les projets émanant des pouvoirs publics.»Karin MacKevett estime que la planification constitue l’une des pistes les plus intéressantes pour maintenir la dynamique actuelle de l’économie circulaire. «Aujourd’hui, la plupart des bâtiments n’accordent pas une place assez importante à l’économie circulaire. Quand les matériaux sont collés, soudés et assemblés, il n’est ensuite plus possible de les trier, ce qui est pourtant indispensable au fonctionnement de l’économie circulaire.» De plus, les maîtres d’ouvrage s’imaginent souvent construire pour l’éternité. Pourtant, les données du secteur de la construction suisse brossent un tout autre tableau, beaucoup plus éphémère. «Je crois que l’ensemble du secteur doit faire preuve de plus de modestie et de recul, en envisageant la démolition dès la planification.»De nombreux avantagesKarin MacKevett estime néanmoins que la construction est sur la bonne voie. «Ce n’est plus une question idéologique, tout le secteur est conscient des avantages de l’économie circulaire. Maintenant, il faut passer aux actes.» Elle espère que cette transition se fera rapidement, dans les années à venir. «Les progrès du numérique vont nous aider à intégrer la question du démontage. J’espère en outre que d’autres réglementations concernant l’utilisation des matières premières secondaires seront adoptées. L’économie circulaire ne doit plus être un concept original; il faut au contraire que ce type de solutions deviennent la norme.» À ce titre, Karin MacKevett a particulièrement hâte de voir comment la branche s’adaptera aux nouvelles lois sur la protection du climat (loi sur le CO2 2030 et loi sur le climat 2050). Auteur: Werner Schüepp A propos de l'auteur Schweizerischer Baumeisterverband kommunikation@baumeister.ch Partager l'article
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