Un CFC devrait être équivalent à une maturité

Entretien avec Mathias Binswanger, professeur d’économie politique à la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse, à Olten

Entretien avec Mathias Binswanger, professeur d’économie politique à la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse, à Olten

Pourquoi un apprentissage ou un emploi dans la construction vaut-il toujours la peine ?
À l’avenir, le secteur de la construction en Suisse continuera de jouer un rôle important pour notre économie. Soit on transformera des bâtiments actuels, soit on en construira de nouveaux. De plus, la digitalisation va relativement peu modifier le nombre d’employés dans le secteur de la construction.

L’apprentissage et la formation continue dans le secteur de la construction sont-ils un modèle de carrière?
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée est la plus forte en ce qui concerne des personnes qui ont fait un apprentissage et qui ont ensuite suivi une formation dans une école supérieure.

Pourtant, de nombreux jeunes sont encouragés, surtout par leurs parents, à faire des études supérieures.
Par conséquent, ces jeunes deviennent des étudiants moyens qui, dans une large mesure, étudient des disciplines dont on n’a pas du tout besoin, alors qu’ils avaient le potentiel pour devenir d’excellents artisans.

Qu’est-ce que cela implique pour les métiers de l’artisanat?
La qualité moyenne des apprentis diminue, ce qui fait que les entre- prises exigent de plus en plus une formation tertiaire lors de l’em-bauche. Cela a pour effet de dévaloriser encore un peu plus l’apprentissage. De ce fait, encore moins de jeunes souhaitent en effectuer un. C’est un cercle vicieux qu’il faut rompre.

Et comment y parvenir?
Un certificat d’apprentissage devrait avoir la même valeur qu’une maturité. Il faut arrêter de considérer que cette dernière est un meilleur diplôme. Les entreprises peuvent aussi y contribuer en reconsidérant leurs profils d’exigences concernant les diplômes de fin de formation.

Les exigences augmentent dans de nombreuses professions. On requiert des qualifications plus élevées pour certains métiers. Cette tendance ne réduit-elle pas les opportunités professionnelles pour les jeunes titulaires d’un certificat d’apprentissage?
Les jeunes titulaires d’un certificat d’apprentissage n’ont jamais eu autant de possibilités de se former. Ils peuvent décrocher un diplôme d’une école supérieure ou faire une maturité professionnelle, puis étudier dans une haute école spécialisée s’ils le souhaitent. Aujourd’hui, toutes les options sont également possibles avec un apprentissage.

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pic

Schweizerischer Baumeisterverband

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